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13 fév 2013


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Billet

Un oui enthousiaste aux centres à la petite enfance!

La Ministre de la famille, Nicole Léger, a annoncé l’ajout de 15,000 nouvelles places en services de garde. Plus important encore, 85% de ces places seront attribuées à des centres à la petite enfance. J’applaudis sans réserve!

Il faut savoir que les CPE sont des entreprises d’économie sociale, dont la qualité est généralement exemplaire et où les parents jouent un rôle administratif important. Les places seront attribuées à des projets retenus par les comités régionaux ou sous-régionaux consultatifs sur les services de garde en tenant compte des besoins des familles et du respect des normes du Ministère. Voilà qui est excellent.

On est loin de l’anarchie libérale et des permis donnés de façon arbitraire à des entreprises commerciales, parfois amies du parti ou du Ministre de la famille. Cela dit…

Un peu de souplesse ne fait jamais de tort

J’ai suggéré hier en point de presse à la Ministre Léger d’ouvrir les 15% de places attribuées à des garderies privées à celles qui ne sont pas conventionnées. À certaines conditions fondamentales : qu’elles fassent la preuve de leur pertinence dans un territoire donné, qu’elles répondent à des normes de qualité élevées et qu’elles démontrent, preuves à l’appui, qu’elles sont en mesure de combler des besoins additionnels de familles qui attendent des places pour leurs enfants. En clair, cela veut dire ceci : si un comité de consultation  estime qu’une garderie privée non-subventionnée remplit toutes ces conditions et que le fait de lui accorder le statut de garderie subventionnée (dont toutes  les places seront à 7$) permet à un quartier, à une petite ville ou à un village d’augmenter réellement le nombre de places disponibles pour des enfants, pourquoi ne pas au moins l’évaluer? C’est ce que j’appelle avoir de la souplesse, ne pas faire du mur à mur alors que les besoins sont tellement variables d’un territoire à l’autre.

Par exemple, je connais au moins une garderie coopérative non-subventionnée en région qui répond adéquatement à des besoins de garde. Pourquoi ne pas la considérer dans l’appel d’offre qui viendra du privé?

Donc, que l’on ne se méprenne pas sur ma position et sur celle de Québec solidaire : dans notre programme, nous proposons que tout le réseau des services de garde à l’enfance soit à but non-lucratif. Toutefois, lorsque nous regardons la situation actuelle, nous croyons qu’une souplesse bien balisée a bien meilleur goût qu’un mur à mur qui peut desservir certaines communautés.

Je termine en disant qu’à Montréal, nous vivons une situation bien particulière. Madame Léger soulignait hier que 85% des services de garde privés non-subventionnés étaient installés dans la métropole! Une situation aberrante alors qu’il faudrait bien plus de CPE dans nos quartiers montréalais. Je signale cependant que certaines  garderies privées non-subventionnées ont été mises sur pied par des femmes immigrantes en quête d’un revenu et que le marché du travail intègre peu et mal. Ce n’est pas une raison pour développer tous azimuts ces garderies privées. Mais il faudra tout de même que le gouvernement du Québec s’occupe de l’intégration au marché du travail de femmes disponibles et qualifiées qui réclament un emploi pour les faire vivre.

Comme quoi une question simple en apparence –on veut développer des services de garde sans but lucratif et contrôlés par les parents- peut en cacher de plus complexes qu’il faudra bien résoudre.

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