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25 fév 2013


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Billet

Sommet 2013 : Ne pas craindre l’angoisse fiscale des banques

Texte de ma troisième intervention au Sommet sur l’enseignement supérieur. Thème : le financement des universités.

« Une société du savoir implique nécessairement l’investissement de ressources publiques pour répondre aux besoins des collèges et des universités. »

C’est ainsi que débute la partie du cahier qui porte en fait, sur le financement des universités car il n’y est aucunement fait mention des collèges qui ont pourtant subi des coupes sévères lors du budget du 20 novembre.

Je plaide donc pour un réinvestissement dans les cegeps du Québec, leur maintien dans toutes les régions et la poursuite de leur rôle au niveau à la fois éducatif et communautaire.

Quant aux universités : qui niera leurs besoins? À Québec solidaire nous proposons un réinvestissement pour ouvrir des postes de professeurs, pour fournir davantage de services éducatifs, des ressources matérielles et didactiques et pour des fonds de recherche. Nous voulons aussi contrer la précarité de trop nombreux chargés de cours en leur assurant des conditions de travail décentes.

Faut-il réviser la formule de financement des universités? Plusieurs le pensent car la formule actuelle mène à une sorte de maraudage entre universités et occasionne des coûts de publicité à l’utilité douteuse. Des critères comme l’accueil d’universitaires de première génération et de jeunes provenant de milieux socio-économiquement défavorisés  sont souhaitables afin de démocratiser ces institutions de haut savoir. Les universités en région doivent avoir le soutien nécessaire à leur enracinement.

Par contre, lorsque nous lisons dans le cahier qu’une part du réinvestissement de l’État encouragerait la philanthropie et soutiendrait de meilleures pratiques financières et de gouvernance, nous nous inscrivons en faux. Il n’appartient pas à la philanthropie de financer les universités. Les philanthropes sont rarement désintéressés, surtout lorsqu’ils dirigent des entreprises. Une trop grande proximité entre établissement d’enseignement et milieux d’affaires est néfaste en rapport avec l’objectif d’assurer l’autonomie de l’enseignement et de la recherche.

C’est par la taxation et l’impôt des grandes entreprises dont les financières et des contribuables à revenu très élevé que l’Etat doit obtenir les fonds nécessaires au financement des services publics dont les universités. Une avenue que le ministre de l’enseignement supérieur de même que tout son gouvernement, se refusent à explorer, craignant sans doute l’angoisse fiscale des milieux d’affaires. Nous leur demandons de faire face avec détermination et d’exiger un effort additionnel des privilégiés du système.

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