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12 mar 2014


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Billet

Le PQ met sa gauche KO

Faisons un peu de politique fiction. Prenons «au hasard» un héritier multimilliardaire à la tête d’un empire médiatique qui ferait son entrée au conseil des ministres. Mettons au Conseil du trésor. Cet homme, très marqué à droite, n’a pas hésité par le passé à se servir de toutes ses plateformes médiatiques pour dénigrer tout ce qui apparaît de près ou de loin comme une mesure sociale. Un projet de garderies à 5$ apparait sur son bureau, déposé par une première ministre en devenir. Que fait-il ? Il serre les cordons de la bourse au nom du «Québec dans le rouge» ou met-il en place une mesure progressiste ? Je crois que l’on connait tous la réponse…

Tous, sauf les ténors du Parti québécois. Les Duchesne, Paquette, Céré, Breton, Ouellet. Pas un n’a émis le début d’une critique des agissements passés du Sauveur. Ils sont les seuls à ne pas voir l’évidence : qu’ils ont ouvert la porte au loup dans la bergerie. À moins qu’il ne s’agisse d’aveuglement volontaire ?

On connait tous le fameux personnage de vendeur de chars, qui vendrait des glaçons à des Inuits. Le PQ se comporte exactement comme ça. Ses candidats prétendent sans rire que PKP sera un «ministre comme un autre», au même titre qu’un militant pour les droits sociaux ou un ancien écologiste. Qu’il n’a jamais négocié quoi que ce soit avec la première ministre pour obtenir un poste important. Qu’il saura sans broncher accepter d’écouter les propositions de ses collègues progressistes pour hausser les impôts des entreprises les plus riches, s’attaquer aux paradis fiscaux ou encore augmenter substantiellement le salaire minimum. Qu’il ne mélangera pas ses intérêts avec ceux de ses journaux.

Soyons sérieux quelques minutes. Sortons du conte de fées. Croire qu’un homme aux bras aussi longs, propriétaire d’un empire médiatique par surcroit, ne pèsera pas de tout son poids pour modeler le Québec sur son idéologie relève de la plus pure fantaisie. D’une histoire à dormir debout. D’un blogue de Jean-François Lisée en somme. D’une déclaration de Pierre Duchesne ou d’un reniement d’Alexis Deschênes.

 

Test de courage

En 2012, des députés du Parti québécois ont fait preuve d’un courage rare en politique. Les Jean-Martin Aussant, Lisette Lapointe, Pierre Curzi et Louise Beaudoin ont tous démissionné et dénoncé le cynisme de leur parti dans le dossier de l’amphithéâtre de Québec, entre autres. La fin ne justifie pas les moyens, ont-ils alors rappelé à Mme Marois. La première ministre est encore en train de tomber dans le même piège.

Depuis 18 mois, les Duchesne, Breton, Ouellet – la fameuse aile progressiste du PQ – ont appliqué des politiques qu’ils décriaient avant-hier. Sur le budget le plus austère depuis des décennies ? Pas un mot. Sur les projets pétroliers ? Pas un mot. Sur le report aux calendes grecques de la souveraineté ? Rien. Pas un son.

S’ils se sont tus pendant 18 mois longs mois, ils se tairont encore lorsque les clés de la politique économique du Québec seront mises entre les mains de M. Péladeau.

Pour reprendre une analogie chère à M. Lisée, la gauche au PQ est KO, au tapis. Le compte est presque à 10. Messieurs Breton, Duchesne, Paquette, Céré, il vous reste peu de temps pour vous relever. En aurez-vous le courage ?

  • Buiso Doubsi

    Excellent billet, c’est exactement ce que je pense, le titre est parfait. Lisée a descendu de deux coches dans mon estime avec son article d’hier et aujourd’hui. Je le savais déjà mais le PQ, c’est fini pour moi! Lisée semble penser que nous sommes dans une élection référendaire avec son billet d’hier (http://jflisee.org/la-triste-chute-de-francoise-david/: Dans la logique de Françoise David, PKP a certes le droit d’être indépendantiste, mais le PQ ne devrait pas l’accueillir. Où devrait-il aller ? Faire comme Françoise et Amir et mettre son idéologie au dessus du projet national ? Fonder un Parti indépendantiste de droite ? Diviser encore plus le vote souverainiste ? Faire encore davantage le jeu des fédéralistes ?). Oui je vais diviser le vote souverainiste en supportant QS… Lorsque ce sera le temps de rallier les forces souverainistes pour voter OUI, nous le ferons, pour le moment, il ne semble pas réaliser qu’il n’y aura plus d’ailier (d’allier!) gauche dans l’alignement!

  • luciemayer

    Excellent billet, merci Amir Khadir. Merci, aussi, pour la motion que
    vous avez proposée, le 29 mai 2013, en soutien aux citoyenNEs laiséEs
    seulEs devant le géant HQ, à dire non aux compteurs imposés par Mesures
    Canada. À cet effet, j’aimerais ajouter à votre article, que Madame
    Ouellet n’a rien fait dans ce dossier, depuis cette motion pourtant
    adoptée à l’unanimité, ni pour alléger le fardeau des frais reliés à
    l’option de retrait, ni pour faire cesser cette farce, devenue
    maintenant un outil d’érodage des droits des citoyenNEs.
    Partout sur
    le terrain, les gens me disent qu’il ne reste que Québec solidaire pour
    les défendre, pour défendre leurs droits. C’est certainement, en partie
    du moins, grâce à vous.
    Amitiés solidaires, de QS-Bertrand!

  • Benoît Landry

    Régulièrement depuis une couple de jours je rencontre des péquistes qui se comportent avec l’arrivée de PKP de la même manière que lorsque Lucien Bouchard est arrivé au PQ. Les commentaires disent la plupart du temps des choses du genre: « C’est le genre de poigne de fer que ça nous prend pour avancer ».

    En plus de savoir que Péladeau a depuis des années été entouré sur différents conseils de l’empire Québécor des gens de l’entourage de Brian Mulroney comme Luc Lavoie et Mulroney lui-même. Est-ce que le PQ se prépare une autre épisode style Lucien Bouchard, je ne nous le souhaite pas …

  • tremdavid

    Exactement ce qu’il fallait dire

    Les péquistes sont complètement aveuglés, ils ont encore le syndrome du sauveur providentiel. Pour faire une « twist » au proverbe, ils vendent la peau de l’ours sans connaître le prix de vente et sans lui avoir demandé la permission. PKP ce n’est pas une garantie du grand jour assuré :

    1) le PQ n’a pas encore gagné ses élections et PKP non plus
    2) Si le PQ est élu, la seule promesse du PQ c’est de faire un livre blanc
    3) rien ne nous dit qu’on attendra pas des conditions gagnantes encore et c’est probablement PKP lui même qui va les dicter.

  • Charlie

    La fin du rêve de l’indépendance!
    Et je persiste à dire que QS fait tout pour faciliter le retour des libéraux car il y a tout intérêt. Je les entends déjà au lendemain d’une défaite dont ils seront en partie responsables, se placer entre l’arbre et l’écorce, décrier le changement de cap du PQ (coalisé avec la droite et donc responsable de sa défaite) et repartir en croisade productive contre les libéraux (l’ennemi de tous)… et s’accorder EUX la victoire. Maintenant, à vous de voir! QS est donc avant tout, plus gauchiste que souverainiste, qu’on se le dise. Souveraineté conditionnelle, agenda révolutionnaire et acclimatation contre-idéologique productive (en terme d’adhésion) avec le fédéralisme libéral, mais JAMAIS majoritaire. Bref, la fin du rêve de l’indépendance à leur seul profit! Correct! Mais qu’on le dise!
    Décourageant!

  • Charlie

    Ainsi sur ce blogue on ne peu émettre AUCUNE opinion à l’encontre de vos idées?!?!?

  • Charlie

    Alors je recommence;

    La fin du rêve d’indépendance.

    Voici le commentaire que je venais d’écrire sur le blogue de QS et qu’on m’a censuré en 3 minutes chrono une première fois! La liberté de penser conditionnelle!!?
    « La fin du rêve d’indépendance; je persiste à dire que ce parti fait tout pour faciliter le retour des libéraux car il y a tout intérêt. Je les entends déjà au lendemain d’une défaite dont ils seront en partie responsable, se placer entre l’arbre et l’écorce, décrier le changement de cap du PQ (coalisé avec la droite et donc responsable de sa défaite) et repartir en croisade productive contre les libéraux (l’ennemi de tous)… et s’accorder EUX la victoire. Maintenant, à vous de voir! QS est donc avant tout, plus gauchiste que souverainiste, qu’on se le dise. Souveraineté conditionnelle, agenda révolutionnaire et acclimatation contre-idéologique productive (en terme d’adhésion) avec le fédéralisme libéral. Bref, la fin du rêve de l’indépendance à leur seul profit! Correct! Mais qu’on le dise! »

    Aurais-je dit vrai?