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13 mar 2014


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Billet

PKP, ministre du Tourisme ?

Jusqu’à il y a quelques heures seulement, on se serait cru en pleine campagne référendaire. Un milliardaire nouvellement candidat, poing droit levé, qui fait une profession de foi souverainiste. De l’autre côté de la clôture, on a un chef de l’opposition qui se comporte en chef du camp du Non.

Coup de théâtre : voilà qu’aujourd’hui même, Mme Marois nous annonce que nous ne sommes pas en campagne référendaire. Que nous sommes bel et bien dans une élection tout ce qu’il y a de plus normale, où l’on élit un gouvernement et des députés d’opposition. Fort bien. Bienvenue dans la réalité, Mme Marois.

Depuis l’annonce de la candidature de M. Péladeau, le Parti québécois essaie de faire taire toute critique venant des rangs souverainistes, au nom de l’unité du camp du Oui. Jean-François Lisée, entre autres, ne ménage aucun effort pour réduire au silence le début d’une ombre d’un commentaire critique.

Le Parti québécois n’a aucun échéancier clair pour l’atteinte de la souveraineté et ils nous parlent d’unité. Autant discuter du sexe des anges. Quant à M. Couillard, il se cantonne dans un fédéralisme de fermeture. Comme s’il cherchait à se réincarner en Capitaine Canada. Sur la question de l’avenir du Québec, M. Legault est partout et nulle part à la fois.

Si nous sommes dans une élection normale, il faut analyser à froid les projets des différents partis. J’oserais dire qu’il faut les analyser avec notre tête. La réalité bien concrète, et un peu triste à vrai dire, est la suivante : en l’espace de quelques heures, le Parti québécois a retiré le renforcement des mesures anti lockout, toute référence qui a trait au syndicalisme de sa plateforme électorale et annoncé la candidature d’un magnat de la presse, propriétaire de 40% des médias québécois, au passé antisyndical. C’est ça, la réalité.

Les faits sont têtus, comme le dit l’adage. Le fait est que, contrairement à ce que l’on essaie de nous faire croire, M. Péladeau a sans aucun doute négocié un poste de ministre à caractère économique. Le voyez-vous au Tourisme ? Aux Services sociaux ? Moi non plus.

Ce sera les Finances ou le Conseil du Trésor. Ça pourrait aussi être la Politique industrielle. Trois ministères d’une importance capitale. L’un prévoit les revenus et les dépenses, un autre tient les cordons de la bourse et est responsable des négociations avec le secteur public.  PKP a l’un de ces ministères, c’est plus d’austérité, moins d’argent pour les services publics et des coupes dans les ministères, déjà à bout de souffle. Parlez-en aux employés du secteur public.

Pas de doute, le PQ, ça vient maintenant avec PKP. Un homme aussi puissant, ça déplace de l’air. Ça met son poing sur la table. Ça ne négocie pas. Ça exige. Vous le voyez, négocier avec les salariés du secteur public ? L’idée même devrait faire frissonner les 600 000 travailleurs et travailleuses des services publics.

Je le répète. Il n’y a pas de référendum à l’horizon. Le 7 avril, il faudra donc voter en toute connaissance de cause. Analyser les personnes et les programmes. Il faudra voter avec sa tête.

Québec solidaire vous propose d’élire des hommes et des femmes qui sauront résister à l’austérité et au démantèlement des services publics. Qui diront OUI à un Québec souverain, plus vert, plus juste et plus solidaire.

  • Degas45

    Quelle hypocrite vous êtes!

  • Vonlieb

    Votre texte Madame est d’une logique, d’un gros bon sens que j’ai sincèerement adoré jusqu’à sa conclusion finale soit que Québec solidaire avec ses 2 élus trop verts pour un Québec de bois et de nature a perte de vue, trop indépendantistes ayant ses agendas cachés, trop juste dans une société d’enfants gâtés sans cervelles et trop solidaire a sa propre cause obscure…..

    Votre texte sur PKP est justifié et vous appuie totalement dans vos propos sauf pour cette tragique fin ou Québec solidaire se présente en sauveur de tout sauf du peuple prônant l’austérité a l’image du parti Québecois, de la Monarchie que tente d’instaurer Pauline Première…

    Je vous invite Madame a revoir vos objectifs car la politique ne se fait plus en 2014 a Outremont, Westmount et encore moins sur le Plateau et ses notions philosophiques de fortunés héritiers… ;-))

    Superbe texte Madame et partage votre conviction en ce qui concerne PKP et le parti Québecois!

  • Annabelle Aubin

    Bien que j’estime la grande majorité de vos propositions en tant que potentiel gouvernement, je ne peux m’empêcher de sentir une agressivité et un cynisme handicapant dans ce type de billet. Vous parlez de coup de théâtre du PQ alors que vous-mêmes jouez aux spectateurs, spectatrices inconfortables. Oui, vivement de bonnes critiques de PKP pour garder alerte le milieu politique et la population. Mais ici se note plus de bitchage et de ressentiment qu’autre chose.

  • sylvainberube

    Je trouve qu’il est important de questionner les motivations d’un Pierre Karl Péladeau se joignant au Parti québécois. Il a beau brandir haut et fort ses convictions souverainistes et son désir de jouer un premier rôle dans l’obtention de notre indépendance politique vis-à-vis nos voisins du Canada, je me permets de croire qu’un homme ayant effectué des contributions financières maximales de 3000$ au Parti libéral du Québec il n’y a pas si longtemps peut avoir d’autres visées. Ses convictions économiques toutefois ne laissent aucun doute sur le type de politique qu’il souhaite implanter au Québec.

  • Ninon Larochelle

    Le nez bouché (extrait) PIERRE FOGLIA LA PRESSE
    (…)

    M. Péladeau que je déteste de tout mon cœur de journaliste.

    Mais mon cœur de souverainiste, lui ?

    Il n’a fait qu’un tour, mon cœur de souverainiste. Voilà celui qui peut vaincre ce qui reste de peur. Celui qui par ses premiers mots comme politicien – mon adhésion au PQ est une adhésion à mes valeurs les plus profondes, les plus intimes, c’est-à-dire faire du Québec un pays – venait d’associer indépendance à réussite.
    (…)

    Oui, mais quelle indépendance ?

    M’en crisse. Fait assez longtemps qu’on désespère d’une dernière vraie tentative. Parce que ce sera la dernière, n’en doutez pas.

    Personne ne m’a rien demandé, mais je signe quand même à deux mains la lettre d’appui
    à Péladeau. Une petite gêne ? Pouvez aller jusqu’à une courte honte.

    Je ne suis quand même pas en si mauvaise compagnie avec Lise Payette, Louise Harel, Gérald Larose, Gilles Duceppe, Marc Laviolette, Vivian Barbot, Jean-Paul L’Allier… » Pierre Foglia, La Presse

  • Ninon Larochelle

    PKP et les syndicats te que je l’ai vécu (extrait), Pierre Shneider
     » Je pourrais vous donner mille-et-un exemples qui vous feraient dresser les cheveux sur la tête, vous qui devez trimer dur pour gagner votre vie. Non, ces travailleurs, bien assis sur leur gros syndicat millionnaire, étaient devenus des entrepreneurs qui géraient leurs avoirs, leurs absences et leurs congés bien plus que l’information journalistique.

    Et, à l’imprimerie, au département des pressiers, ce n’était pas mieux : Les syndiqués travaillaient environ trois, quatre heures par jour et étaient payés pour huit… et ce n’était jamais assez! Ils exigeaient même qu’à leur retraite, leurs enfants « héritent » de leurs emplois, eux qui avaient le temps de travailler ailleurs tellement ils faisaient peu d’heures au Journal!

    J’ai aussi vu des téléphonistes aux annonces classées gagner plus de 50 000 $ par année (en l’an 2000) et trouver le moyen de rechigner!

    Alors quand j’entends que PKP est le pire employeur du Québec, je dois absolument révéler que ce que les autres journalistes n’écrivent jamais, solidarité syndicale oblige.  »
    À lire ici:
    http://www.lerepublique.com/1129670/pkp-les-syndicats-tel-que-je-lai-vecu

  • Yan

    Malheureusement, les faits ne sont pas les amis des Idiots Utiles bloqués aux années 80 et incapables d’enregistrer les mouvements de l’histoire, petite ou grande.

    Tous individus non-bloqués aujourd’hui aura remarqué que PKP c’est illustré ces dernières années, non pas dans le domaine syndical, mais dans le domaine énergétique (à Hydro-Québec) et de la relève entrepreneuriale. C’est d’ailleurs ce dernier domaine qui l’inquiète le plus, et devrait inquiéter ceux qui se préoccuppe soit-disant des jobs et de leur qualité, puisque la majorité des entreprises sont concernées par cette problématique au Québec.

    Si l’on se fit aux préoccupations que PKP a choisi lui-même (contrairement à son entreprise dont il a hérité), à part de s’occuper de la naissance d’un nouveau pays, il pourrait très bien continuer dans la relève ou dans l’énergie aussi.