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16 fév 2014


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Billet

L’intégrisme

Cette semaine, Fatima Houda-Pépin a déposé un projet de loi dont la partie la plus intéressante est sans conteste la série de mesures proposes pour combattre l’intégrisme. J’ai immédiatement salué sa contribution.

Le ministre Drainville, lui, dans le plus récent numéro de la revue l’Actualité, indique que sa charte est un rempart contre l’intégrisme pour trois raisons : la charte péquiste veut inclure le concept de laïcité dans la charte des droits et libertés, elle souligne à gros traits le principe de l’égalité entre les femmes et les hommes et elle balise les demandes d’accommodements religieux.

Fort bien. Je suis d’accord. En soulignant toutefois au ministre que madame Houda-Pépin va bien plus loin en proposant qu’un groupe de recherche-action soit mis sur pied pour documenter la présence des intégrismes sur le terrain. Elle propose aussi que soient clairement interdites des actions portant atteinte à l’intégrité des femmes, par exemple, les mariages forcés ou les mutilations génitales.

Je suis inquiète de la montée, au Québec comme ailleurs, de la montée de religions conservatrices. Je crois que la société québécoise doit s’interroger sur ce phénomène. Et que les pouvoirs publics ont le devoir de se montrer vigilants.

Et les signes religieux dans tout ça?

C’est pourtant bien cette dernière question qui enflamme les passions! J’ai  une question : si ce n’est pas pour combattre l’intégrisme que nous les interdirions, alors ce serait pourquoi? Pour faire comme la France? Parce que cette interdiction qui touche des centaines de personnes est seule garante de la neutralité de l’État et de sa laïcité complète? Parce qu’il est plus facile de s’en prendre aux minorités que d’avoir une position claire sur le déplacement du crucifix à l’Assemblée nationale, ce symbole pourtant plus qu’évident de l’alliance entre l’État et l’église catholique?

Dernièrement, le ministre Drainville a enfourché la monture des droits des usagers-ères : ceux-ci se sentiraient brimés par un-e fonctionnaire, enseignant ou infirmière qui arborerait un signe religieux. Certains-es usagers-ères seraient à ce point intimidés qu’ils ne pourraient recevoir une aide appropriée de la part d’une employée portant un voile. Il est à noter que les exemples apportés,toujours fictifs, ne concernent que le voile.

Le ministre pose la question des droits des usagers chaque fois qu’il a devant lui un organisme réticent à appliquer sa charte. Chaque fois il obtient la même réponse : dans notre établissement, nous n’avons noté aucun problème de ce genre.

Pour en finir avec ce dialogue de sourds, je demande au ministre de commander des études afin de documenter ses assertions. Plutôt que de se baser sur quelques rarissimes anecdotes.

Je ne sais pas pourquoi je prends la peine de lui demander une chose aussi sensée…mais qu’il ne fera pas. Nous sommes à la veille d’une élection et le Parti québécois ne compte faire aucune étude ni aucun compromis sur son projet de loi. À coup de demi-vérités, d’approximations et d’histoires fictives, il a sans doute réussi à convaincre une partie de la population que sa charte était la seule manière d’atteindre la laïcité complète des institutions publiques.

J’écris : la charte. En fait, je devrais écrire : l’interdiction des signes religieux, surtout le voile.

On va jaser 33 jours là-dessus? Ça fait déjà 6 mois! Comptez sur moi pour interpeller le PQ sur bien d’autres sujets qui intéressent vivement la population québécoise : santé, éducation, économie, environnement…et pourquoi pas, égalité entre les femmes et les hommes. Sur ce dernier point  le gouvernement péquiste aura des comptes à rendre. Il est le champion de l’inaction et je le démontrerai!

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