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26 mar 2014


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Billet

Existe-t-il un politicien honnête?

Des gens désabusés, j’en rencontre continuellement, dans Mercier et au courant de notre tournée à travers le Québec. On dirait parfois que les vieux partis ont abandonné toute prétention à l’intégrité. Ils se battent pour la couronne du moins pire: celui qui est cité moins souvent à la Commission Charbonneau, celui qui reçoit le moins de visites de l’UPAC, celui qui utilise le moins de prête-noms, celui qui a compte le moins d’anciens lobbyistes dans ses rangs.

À l’heure où nos gouvernements perdent la confiance des Québécois et Québécoises, nous devons nous poser la question: existe-t-il un politicien honnête?

Le sens du devoir a été oublié

La plus haute fonction du député est celle de représenter les intérêts du peuple québécois, bâtir un Québec sur des idées et des projets qui auront suscité un appui démocratique. Pourtant, l’histoire récente est jalonnée d’exemples contraires. Les nominations partisanes du Parti québécois permettent à Pierre-Karl Péladeau de hausser les tarifs d’Hydro-Québec, puis de devenir candidat-vedette. Chez les libéraux, Philippe Couillard se fait embaucher par une firme de lobbyistes quelques semaines avant de démissionner… pour mieux revenir quelques années plus tard comme chef. On apprend aujourd’hui qu’il aurait aussi placé de l’argent dans un paradis fiscal. Trop souvent, nos politiciens se servent eux-mêmes avant de servir leur peuple.

Tant et aussi longtemps que le statu quo sera entretenu par les vieux partis, les Québécois et Québécoises auront le droit de se demander si leurs représentants sont honnêtes.

Québec solidaire a posé plusieurs gestes pour redorer le blason de nos institutions. En 2010, nous réclamions déjà une commission Intégrité et transparence pour faire enquête sur la corruption endémique du gouvernement Charest. J’ai moi-même révélé les agissements louches de Marc Bibeau la même année. En 2012, nous sonnions l’alarme sur le financement sectoriel du PQ, du PLQ et de l’ADQ; en 2013, nous réclamions un encadrement plus serré des lobbyistes.

Parce que nous méritons mieux

Je rêve à un Québec formé d’institutions plus démocratiques, où les politiciens dansent la valse avec leurs concitoyens plutôt qu’avec des lobbyistes. Un Québec de politiciens honnêtes qui défendent des idées plutôt que les porte-monnaie de certains. Et si nous concrétisions ce rêve? Gérald Godin, député de Mercier bien avant moi, écrivait en 1993:

T’en souviens-tu, Godin
qu’il faut rêver aujourd’hui
pour savoir ce qu’on fera demain?

  • Jacques Pelletier

    Parfait , Amir. J’espère que Françoise David va le signaler haut et fort demain au Débat !

  • André Tanguay

    Le PQ des années 70 était composé de poètes, d’idéalistes, de rêveurs, de pelleteux de nuage, pour paraphrasé certains…et il nous a donné le meilleur gouvernement que le Québes ai connus. J’espères de tout mon coeur que l’histoire va se répeter avec QS. Si ce n’est pas cette année, se sera a l’élection suivante. En attendant, on continnu de travailler pour bâtir un Québec qui nous ressemble et qui nous rassemble.

  • Anonyme

    Je me souviens de paroles incendiaires d’un certain M. Fontecilla sur la prétendue parenté entre le PQ et le Front national. Idée bien répandue chez le bon peuple qui élit les représentants de QS.

    Il y a aussi les étiquettes d’intolérance, de xénophobies, accolées au gens qui appuient la charte de la laïcité. Comment être surpris alors de voir des graffitis de symbôles nazis sur les affiches du PQ (je les ai vu dans le comté de Rosemont). Ce geste n’est pas celui d’un partisan de QS, mais la complaisance des dirigeants de QS à l’égard des propos déplacés n’aide sûrement pas à calmer l’enthousiasme de certains.

    C’est évident que le PQ instrumentalise le débat sur la laïcité. Mais pour bien des gens ce débat est légitime, et les propositions avancées dans le projet de loi semblent justes. Je trouve donc ces accusations d’intolérance extrêmement blessantes. C’est ainsi que je crois que laisser courir ces accusations, les susciter participe au désabusement de l’électeur devant la politique.

    Pour ma part, soulever des accointances douteuses ou des accusations extrêmes pour justifier son point de vue me semble être de la vieille politique.

    Si le chapeau de xénophobe me va, pourquoi ne pas le porter, me dira-t’on. Justement, l’utilisation de ce terme n’a pas pour fonction d’éclairer un débat, il éteint ce débat. Il enlève toute possibilité de répliquer. Il tue la démocratie. Faire semblant qu’il est inoffensif, c’est faire preuve de la lâcheté et de la malhonnêteté que vous dénoncez dans la pratique des vieux partis.