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Billet

Le «coming out» de Marilou

À 24h du scrutin, j’ai reçu un message sur ma page Facebook. J’en reçois beaucoup, et j’essaie de les lire et d’y répondre malgré mon horaire de campagne. Ce message-là est différent. C’est ma nièce Marilou qui l’a écrit, et elle m’a demandé de le partager avec vous.

Ça y est. J’ai envie de faire un coming out. Rectifier, équilibrer à l’échelle de ma très petite portée les niaiseries que je lis (ou les choses pertinentes que je ne lis pas) sur internet, dans les médias, depuis particulièrement les deux dernières semaines.

Je ne suis pas une spécialiste en politique, loin de là. Mais voilà, Françoise David, c’est ma tante. J’ai pas de mérite, c’est la sœur de ma mère, c’est ainsi. Je la vois à Noël depuis 36 ans, je l’ai vu à quelques soupers, quelques moments marquants, je la connais surtout à travers ma mère qui la voit plus régulièrement.

Tout ça pour dire que je ne l’aime pas au point de la défendre aveuglément, c’est pas ma marraine ou ma « tante préférée »; c’est une femme que je découvre moi aussi par les médias et ses actions politiques, en ayant la chance de connaître en parallèle la femme dans le privée.

Et voilà ce que je veux mentionner en premier ici: la personne publique et la personne privée, c’est la même personne.

D’aussi loin que je me souvienne, Françoise a toujours été exactement ce qu’elle projette comme image publique : honnête, posée, intelligente, informée et cultivée. Elle applique dans sa vie privée les mêmes valeurs qu’elle défend en public. Point.

Tiens par exemple. Une fois, un de mes oncles est parti précipitamment de notre party de Noël. Quelqu’un, un oncle, une tante, je sais plus, avait fait une joke un peu acide. En tout cas mon oncle l’avait mal pris alors il est parti dès l’échange de cadeaux terminé, sans dire au revoir ou presque. Tout le monde parlait de ça à table. Ils y allaient chacun de leur commentaires plus ou moins délicats, cherchant le coupable, accusant l’un d’être susceptible, l’autre d’avoir manqué de tact, etc.

Ma tante Françoise ne disait rien depuis le début, laissant chacun s’exprimer puisqu’ils semblaient en avoir besoin. Puis elle a pris la parole. Par sa voix sérieuse et calme, elle a fait taire les jacassements d’un coup:
« Bon. Moi je pense qu’ici nous devons simplement considérer une chose : notre frère Roger* est blessé, et nous devons composer avec ça. » *nom fictif!

Pendant un bref instant, on aurait entendu une mouche voler. Fait rare chez les David. Tous regardaient la nappe, confus. Et de conclure… « Bin oui hein Françoise… t’as ben raison! Euh alors, qui appelle Roger? »

C’est ça Françoise. Orientée vers des solutions. Intelligente. On ne perd pas de temps à chercher le coupable, à critiquer ou à juger : on avance, intelligemment, dans la direction du respect. Point. Elle n’est pas faussement gentille, elle n’est pas trop gentille, elle est juste franchement respectueuse et elle inspire à tous de faire preuve du même respect, pour tous.

Moi j’aimerais tellement ça savoir notre province dirigée par quelqu’un comme ça!

Une autre fois, un autre soir de Noël il y a longtemps, je me suis retrouvée en fin de soirée avec des cousins dans un bar de Montréal. Une fois bien réchauffé, l’un de mes cousins s’est mis à travailler le fils de Françoise pour rigoler. « Allez Étienne, dis-nous c’est qui dans la famille que ta mère aime pas? Ils ont tous des conflits, un qui leur tape sur les nerfs! Ta mère c’est qui?? »

Étienne a rit. Sympathique et pas compliqué comme toujours, à l’image de sa mère. « Vous êtes ben comiques vous autres… C’est pas un front! Ma mère est PACIFIQUE. Elle n’a jamais parlé contre aucun de ses cinq frères et sœurs à la maison. Point. » On a tous regardé la table, un peu confus… 

Ma tante Françoise c’est ça.

C’est de ça qu’elle a l’air, c’est ça qu’elle est et qu’elle offre comme direction. De la politique honnête, pacifique, juste, intelligente. Orientée vers des solutions.

Si vous ne partagez pas ses valeurs, si vous n’êtes pas d’accord avec le fait d’équilibrer un peu mieux les richesses, de faire des choix responsables pour l’avenir, vous ne manquez pas d’options. Mais si vous les partagez, moi j’ai juste envie de vous dire : arrêter de douter, ça existe des bons politiciens authentiques et Françoise en est une.

À ceux qui se disent « C’est une utopie! C’est joli tout ça, mais ça tient pas la route dans un budget! » : j’ai envie de vous rassurer. Ma tante est vraiment intelligente. Si elle propose des idées c’est qu’elle les a vérifiées avant. Elle ne manque pas de contacts dans le milieu des affaires et des professionnels de tous les domaines. Elle a 60 ans, elle est solide, elle est éduquée. Une femme qui est allée dans des bonnes écoles et qui a accès à des ressources sait additionner des colonnes de plus et de moins : elle comprend comment ça fonctionne un budget!

Bin non elle ne prétend pas qu’ils vont changer le monde! Bin oui elle sait que ce n’est pas si simple, qu’il va falloir y aller peu à peu… C’est une femme INTELLIGENTE, j’ai envie de le répéter.

Moi en tout cas ça me fait rêver de pouvoir croire en une politicienne.

C’est pour ça que je vais voter Québec Solidaire lundi. Parce que je sais ma tante intelligente, intègre, orientée vers des solutions.

Que ceux qui partagent les valeurs annoncées de QS osent croire que ça se peut. Davantage de députés qui défendent avec intégrité nos valeurs à Québec, ça ferait du bien non? 

En passant, ceci est une initiative bien personnelle. J’espère que ma tante et ma mère seront OK avec ça!  Bien à vous,

Marilou David

  • Fred Gagnon

    <3

  • MaryeveCL

    Wow! Marilou, beau message. Merci de ce partage… et bon vote!

  • Unsigned Char

    Wow Marilou! De la main même de Françoise! C’est bien écrit!

  • Antoine Goulet

    Je tiens personnellement à dire que je suis profondément offusqué par l’utilisation de l’expression « coming out » dans cet article. Les convictions politiques de Marilou David m’importent peu, j’ai d’ailleurs trouvé la lettre bien écrite et inspirante, sauf pour l’utilisation de l’expression mentionnée précédemment. Un « coming out » est un acte sérieux, personnel, réfléchi, laissant la personne concernée à de nombreuses insultes homophobes et de nombreux reniements familiaux et amicaux. L’utilisation, ma foi, légère de ce terme dans cette lettre est tout simplement irrespectueux envers la communauté GLBT, car on fait le rapprochement entre faire un VRAI « coming out » et dire que nous allons voter pour Québec Solidaire le 7 avril, alors que ce sont des choses complètement opposées et aucunement liée. J’amènerai donc Marilou à penser que la prochaine fois qu’elle compte utiliser ce terme dans ses propos qu’elle comptera bien parler d »un véritable « coming out », et non de ses convictions politiques, où le terme « confession » serait beaucoup plus approprié.

    • Marie-Andrée

      Bin là! Coming out n’est pas un terme qui a été inventé pour parler d’une réalité homosexuelle… (exemple: on utilisait ça pour parler des bals de débutantes à l’époque victorienne aussi…) Je veux bien que ça réfère majoritairement à une réalité homosexuelle spécifique aujourd’hui, mais ça a été une appropriation, ça aussi. Faque je vois pas en quoi c’est mal d’utiliser l’expression pour parler d’autre chose, vu que c’est principalement ce qui a été fait quand on s’est mis à parler de coming out pour les GLBT…
      Sur ce je comprend que ça puisse faire crisser des dents quelqu’un qui comprend/vis cette réalité d’une façon dont je ne la comprend et ne la vis pas et je suis vraiment désolée si je suis en train de te mansplainer…

    • Nicolas

      Il faut se rappeler…

      … que l’expression «coming out» est issu de «coming out of the closet» signifiant, métaphoriquement, sortir du secret.

      … qu’elle reste aussi une locution, et une locution, à notre ère de l’information à la vitesse grand V, ça se démocratise en *très* peu de temps.

      Et finalement, la mettre en *contexte*.

      Une des grandes peurs que je semble relevée dans ton commentaire est qu’on banalise l’expression. Qu’elle devienne ni plus ni moins une figure de style… Malheureusement pour toi, c’est ce qui risque d’arriver. Cependant, il nous reste toujours le contexte d’utilisation qui permettra de lui redonner son sens «Le-complexe-et-déchirant-processus-menant-ultimement-à-la-prise-de-décision-de-se-déclarer-ouvertement-membre-de-la-communauté-GLBT». Tout comme un article intitulé «Le suicide d’Entreprise Inc.» ne me rappellera la dure et émouvante réalité qu’est la perte d’un proche qui s’est enlevé la vie mais m’informera plutôt d’une chronique de la mort annoncée de l’hypothétique d’Entreprise Inc. (oeuvrant mettons dans les pipelines, pour les besoins de la cause).

      Dans ce cas-ci, je ne crois pas du tout que la locution aie été galvaudée et reprend parfaitement l’essence de l’expression initiale; mettre sur table sa réalité/ses convictions/ses croyances intimes. Et, possiblement, à l’instar d’un homosexuel qui se dévoile au grand jour, peut-être l’auteure vit-elle elle aussi dans un milieu plutôt «hostile»/réticent à ce type de convictions champ-gauche et écrive ce billet afin de donner confiance d’agir à d’autres gens qui vivent le même genre de situation.

      C’est à trop vouloir toujours se marginaliser qu’on finit par se stigmatiser.

      Mes deux bahts…

      ps: qu’est-ce que le clergé aurait à dire sur l’utilisation du mot « confession » ici? Ça ne représente en rien l’ardu repentir que vit un croyant en route vers le confessionnal… :P

    • FMaz

      Ton manque de culture m’étonne.
      Coming out n’est pas un terme réservé aux homosexuels :

      « [...] Par extension, le terme coming out peut désigner l’annonce
      publique de toute caractéristique personnelle, jusque-là tenue secrète
      par peur du rejet ou par discrétion, : l’appartenance à une religion,
      des opinions politiques, l’appartenance à une organisation comme la
      franc-maçonnerie, l’appartenance à une association ou un parti, une
      profession jugée honteuse ou au sujet de laquelle le secret est exigé,
      etc. »

      Moi les gens qui s’offusquent pour rien, les hyper-susceptible, ça me fait les détester et ça développe le cliché que le groupe auquel tu t’associe crie au loup pour des niaiseries: ça sert jamais la réputation de l’ensemble de façon positive. Pense à ça avant de vouloir créer ton prochain pseudo scandale sur un débat puérile sans Mens Rea à la source …

    • carole_dupuis

      Depuis quand un groupe s’approprie-t-il un terme de la langue française… euh… anglaise, en l’interdisant aux autres? Pour ma part, je suis fort souvent gaie, sans être homosexuelle. Et ne craignez-vous pas d’offusquer les catholiques en suggérant que l’auteure s’approprie le terme « confession »? Voyons donc.

    • Pierrick

      Je crois qu’il ne faut pas être autant à cheval sur les mots et expressions, parce que sinon la vie va être bien dûre et désagréable, car souvent imparfaite. Je suis gai et je ne suis aucunement choqué par l’utilisation de ce terme. C’est chercher des problèmes là où il n’y en a pas, je crois, surtout qu’ici, cela a été utilisé comme une MÉTAPHORE, une comparaison. De plus, des GUILLEMETS ont été utilisés pour le prouver. Bref, je trouve ridicule d’en faire un plat pour si peu voire rien. :-/

  • http://www.micheljorg.com Michel Jorg

    L’inspiration de ce soir, je la dois à une fille… Marilou, qui par sa pureté et sa vérité dans une lettre pour sa tante, a su me toucher et me faire réaliser comment il est important de croire en soi et en nos aspirations.

     » Avoir la foi de ses convictions, avoir la foi d’y croire assez pour l’exprimer, qu’importe si tu navigues à contre-courant, si tu cherches et tu appuies ce que tu crois vraiment  » MJ

  • Chantal Hk

    Je vois la métaphore dans l’utilisation du terme « coming out » dans le
    titre et j’adore. pour être une partisane de QS assez unique dans mon
    entourage (unique comme dans une seule) je peux vous dire que c’est
    marginalisé presque au point d’être intimidant de clamer haut et fort
    que l’on croit de tout notre coeur à QS, et que d’oser le « confesser » à
    tout le monde c’est assez similaire à faire son coming out. je ne crois
    pas que l’expression faire son coming out, bien que majoritairement
    employée par les gaies, lesbiennes, bisexuels et transgenre, ne vous
    soit pas réservée et exclusive! Ne grimpez pas aux barricades amis frères
    et soeurs, nous sommes tous unis par le rêves de partager de belles
    valeurs! Cherchez le trouble où il n’y en a pas ne nous mènera nulle
    part!

  • Frédérick Pageau

    Je n’écris jamais de commentaires aux articles, je ferai une exception. Ce que je dirai n’a aucun lien avec la merveilleuse lettre de Marilou David, alors je serai bref… Monsieur Goulet, étant moi-même homosexuel, je voudrais juste vous implorer de modérer vos ardeurs. La communauté GLBT ne compte pas que des victimes et le monde entier n’est pas contre nous. Je suis le premier à m’indigner devant les actes et propos homophobes d’ici et d’ailleurs, tout n’est pas gagné et l’injustice règne, mais une métaphore, c’est une métaphore. Il ne faut pas voir de la persécution partout et choisir ses combats. Les nerfs, comme on dit !

  • Michel Alepins

    Superbe lettre, et peut-être étrangement, sans surprise. Françoise David transmet d’elle même cette intégrité et ce respect, il y a des choses qui ne se cachent pas. On sent très bien, le moindrement qu’on l’écoute, chez Mme David, qu’il n’y a pas de dichotomie entre la personne publique et la personne privée. Son sens de la justice est de l’ordre du réflexe, pas de l’effort. Bref, cette lettre agît comme une confirmation de ce que tous pouvaient sentir, surtout depuis le débat 2012 où elle s’est imposée comme la seule capable de dialoguer et de répondre aux questions de manière frontale.

    Sur ce, bonne élection!