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22 jan 2014


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Billet

Chroniques d’une commission spéciale

J’entreprends aujourd’hui l’écriture d’ une série de courts textes en lien avec la tenue de la commission parlementaire sur le projet de loi 60. Je participe aussi souvent que je le peux à cette commission où l’on entend tantôt des perles assez suaves, tantôt des réflexions brillantes, tantôt des paroles qui font honte. J’ai envie de commenter.

Une démocratie est vivante quand il y a débat social, quand la population a la possibilité de s’exprimer sur la place publique. Je n’ai pas apprécié la façon dont un débat nécessaire sur la laïcité de l’État a été détourné de son sens par le gouvernement péquiste. Je n’ai pas aimé que l’on nous fasse croire qu’il fallait être pour une charte des valeurs si l’on voulait être considéré comme des Québécois-es attachés à notre culture commune.

Mais…il y a débat. Je suis impressionnée par notre capacité collective à discuter généralement sans trop de hargne. L’automne dernier, j’ai observé l’installation d’un climat vraiment malsain et j’ai déploré les accents xénophobes de certaines affirmations. Le climat est pourtant serein à la commission parlementaire. Plusieurs personnes et organismes viennent présenter des mémoires. Ils s’expriment avec calme. Je ne peux cependant ignorer que des propos démagogiques et populistes font partie du lot des propos entendus. Du genre : « Il y a prolifération des demandes d’accommodements ». Ah oui, où ça?

Le Québec est-il tout entier féministe?

Il est fascinant de noter la place que prend l’égalité entre les femmes et les hommes au fil des discussions. Les luttes féministes sont-elles donc si importantes et valorisées au Québec? Ou alors, est-ce que les plus farouches défenseurs de la charte péquiste ne font que se servir de ces luttes pour gagner l’opinion publique?

Je vous laisse juges. Moi je pense qu’il y a un mélange des deux options. Plusieurs défendent avec sincérité une valeur qu’ils-elles jugent fondamentale. Mais je ne crois pas un instant que toute la population québécoise soit devenue à ce point entichée d’égalité. Ou alors, nous devrons nous poser des questions : comment tolérer encore aujourd’hui que l’ensemble des professions et métiers pratiqués par les femmes soient si mal payés? Que les femmes assument encore une large part des tâches domestiques, surtout celles reliées à l’éducation et aux soins des enfants? Comment expliquer que la prostitution fleurisse? Comment comprendre un retour évident aux stéréotypes dans l’univers des petites filles?

En somme, comme disait le Petit prince , « rien n’est parfait… » Dans ce monde imparfait, réjouissons-nous d’avoir la liberté de débattre ouvertement de ce qui nous intéresse. Dans plusieurs pays c’est carrément impossible. Cette liberté a cependant un prix : nous avons la responsabilité de réfléchir au-delà des préjugés, sans démagogie ni populisme. Sérieusement. Car des droits sont en jeu et avec les droits, individuels ou collectifs, on ne « niaise » pas.

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