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Billet

Le bric à brac!

C’est comme cela qu’en commission parlementaire sur le projet de loi 10, l’Institut de la gouvernance a qualifié les élus-es actuels des réseaux de la santé et des services sociaux. À entendre les dirigeants de l’Institut, ces quelque mille personnes bénévoles qui prennent des décisions à la tête des CSSS, avec des professionnels, n’ont pas les compétences nécessaires pour diriger des établissements publics. On doit donc s’en remettre à des gestionnaires compétents… entendre qui sont passés autant que possible par des grandes écoles d’administration ou de gestion. Mes oreilles ont cillé. Moi je crois à l’importance de la participation citoyenne. Et si des personnes manquent de formation, eh bien qu’on leur en donne!

Évidemment, les propos de l’IGOP étaient de la musique aux oreilles du ministre Gaétan Barrette qui, jusque-là, avait dû faire face à des organismes très inquiets de sa réforme: comités d’usagers, Ordre des travailleurs sociaux, organismes de personnes handicapées, médecins pour un régime public, etc… Tous sceptiques ou carrément contre une réforme qui place tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme: le Ministre de la santé.

Le Ministre Barrette a un mérite, celui de la franchise. C’est ainsi qu’il avancera clairement que les changements de culture, ça doit venir d’en haut, « de l’autorité ». Et l’autorité, c’est lui! Les actrices et acteurs des réseaux de services sociaux et de santé ont beau répéter qu’au contraire, il faut mobiliser et consulter les gens à la base pour opérer des changements indispensables, rien à faire, le ministre n’écoute pas ces voix pleines de sagesse. En parlant de voix pleine de sagesse, je salue celle de l’ancien ministre de la Santé, Claude Castonguay, qui mentionnait ce lundi qu’avec ce projet de loi, notre système de santé courre à la catastrophe. Le gouvernement devrait également l’écouter.

Le privé

Le ministre Barrette est visiblement fasciné par des modèles d’établissements privés américains comme le Cleveland clinic ou le Kaiser institute. Oui, ils sont bien organisés, de m’indiquer des chercheurs en politiques publiques…mais pour y avoir accès, il faut être assurés et les primes coûtent cher!!! Ça n’a rien à voir avec l’organisation multiforme et complexe d’un réseau public qui doit inclure toute la population.

Plusieurs intervenants-es demandent donc au ministre de s’occuper en priorité de ce qui ne va pas : la privatisation croissante des services, la difficulté d’avoir accès au système de santé et même aux services sociaux, les surcoûts des médicaments et la surconsommation, la faiblesse des mesures de prévention, etc… Le ministre nous dit : « La première ligne n’est pas visée par le projet de loi 10 ». Voilà justement le problème, lui répondent les intervenants-es!!!

Quelle est la vision du ministre quant à l’organisation et la dispensation des services de base pour toute la population? Pourquoi pas des CLSC 24/7, comme le propose Québec solidaire? N’y a-t-il pas là une vraie réponse aux problèmes d’attentes intolérables pour des services de santé de base de même que pour des services sociaux?

À suivre…