Les dessous de Québec solidaire

Les dessous de Québec solidaire

Ce qui se termine et ce qui commence

10 décembre 2008 · 16 Commentaires

Bon, ça y est, c’est fini. Hier, naïvement, je me disais que j’allais pouvoir reposer tranquillement ma gueule de bois sans toucher à mon laptop. Malheureusement pour moi, tout ça aurait été plus facile si j’avais eu le sentiment du devoir accompli. Vous savez, ce sentiment que le dossier est réglé, que la job est faite et qu’on peut s’assoir, souffler, se détacher de tout ça et voilà. Mais non. Je suis incapable de me sentir comme tel, comme d’autres qui retournent trop facilement au train-train quotidien quand les élections sont terminées. Je ne vois que ce qu’il reste à accomplir, et heureusement je ne suis pas la seule.

La campagne web de cette année a fait prendre conscience à beaucoup de gens l’importance de notre présence sur ce médium. Au début, j’avais l’impression que beaucoup étaient indifférents face à ça. Maintenant, on en parle dans les discours devant les militantEs en vantant ce qu’on y accompli, et je pense que l’implication 2.0 fera de plus en plus partie de la culture institutionnelle du parti. Je regarde, avec Simon pour l’instant, comment on pourrait modifier les statuts du parti pour créer un poste consacré à la communication/stratégie web sur le comité de coordination national. Ça va demander une certaine refonte dans les tâches et tous dans les autres postes, mais c’est quelque chose d’envisageable.

Je regarde aussi comment on peut appliquer le processus de consultation du programme de Québec solidaire sur le web. Dans le « monde réel », c’est possible de faire des ateliers sur des thématiques précises et les non-membres peuvent participer à cette consultation et proposer des idées. Ensuite, il y a une synthèse et le congrès tranche.

Il faut garder le twitter-QS minimalement actif. Je compte envoyer des tweets de temps en temps, Laurent aussi si ça lui tente, et le laisser ouvert pour les questions. Et j’ai maintenant mon propre compte, exovirtuelle, et Laurent aussi a le sien, sclauren. Ludvic souhaite garder le blogue national actif, c’est à voir aussi. Et je vais partir mon propre blogue bientôt, qui s’appellera surement « POL-2.0, dans l’internet.com ».

Il y a également toute la question du bilan et perspective. Plusieurs personnes se sont manifestées pour nous aider au niveau du site web et de la réflexion sur l’utilisation du web entre les campagnes. J’ai déjà reçu un bilan, je compte en écrire un, certains ont des idées qu’ils voudraient partager, des cyber-militantEs ont leur mot à dire, etc. Il suffit de voir comment on peut faire pour rassembler tout ça, et comment appliquer des idées qui seront avancées.

Étienne, qui a beaucoup joué sur l’interface graphique Drupal de notre site web pendant la campagne, est en train de s’attacher des gens pour établir un processus de consultation et de modification ouvert du site web prochainement, pour l’améliorer. L’idée est encore un peu embryonnaire, mais des rencontres s’en viennent pour voir comment on organise tout ça.

Je ne suis pas déçue de ce qu’on a accompli, je me dis seulement « bon début, on continue ». Et la dure réalité me rattrape. Nous étions un peu dans un cocron électoral, maintenant que c’est terminé la vie reprend son cours normal. J’ai scrapé ma session à l’UQAM, il va falloir que je deale avec les conséquences. Il y a également le mouvement étudiant qui refait peu à peu surface dans ma vie. J’ai l’impression d’être sèche un peu aujourd’hui, c’est que j’ai appris hier soir que des amis à moi qui militent se font menacer de mort et intimider par des gens qui ont empoisonné mon existence pendant un an et demi quand je m’impliquais dans mon assocation étudiante collégiale. Je sais très bien où je vais être cet après-midi. Le marchage sur les pieds, ça fait.

En terminant, juste vous dire, à vous le web, que je suis extrêmement heureuse d’avoir été avec vous pendant ce mois-ci. Certains d’entre vous n’ont probablement pas idée de l’apport et de l’influence positive qu’ils ont eu sur moi, et du pilier, de la béquille parfois, qu’ils ont été durant toute la campagne.

-Anne-Marie Provost, responsable des cyber-militantEs

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16 Réponses ↓

  • 1 Redge // 10 déc 2008 à 13 h 15 min

    Très belle campagne, vous pouvez êtres fière!

    Par contre, assez hardcore ce que tu raconte à propos de ton association étudiante… J’espère qu’il y aura des conséquences pour les connards qui ont fait des menaces à tes amis.

  • 2 Gilles Dauphin // 10 déc 2008 à 13 h 32 min

    « Je regarde aussi comment on peut appliquer le processus de consultation du programme de Québec solidaire sur le web. »
    >> Un wiki, un forum, un blogue même ferait le travail.

    « Il faut garder le twitter-QS minimalement actif. »
    >> C’est facile à écrire poru quelqu’un qui n’a pas dépensé autant d’énergie que toi pendant la campagne, mais il devrait être « full » actif. Ne serait-ce que pour la prochaine mobilisation d’aider Amir à se faire reconnaître en temps et en argent à l’Assemblée nationale.

    « Il suffit de voir comment on peut faire pour rassembler tout ça, et comment appliquer des idées qui seront avancées. »
    >> Pourquoi pas une simple réunion de militant(e)s intéressées ? Ne serait-ce que pour brainstormer ensemble autour d’une bière, d’un café, d’une tisane……

    Félicitations encore et merde pour ta démarche de ce pm …. laisses des survivants !

  • 3 Viv // 10 déc 2008 à 14 h 19 min

    good job ;)
    appelle moi rapidement!

  • 4 youuussef // 10 déc 2008 à 16 h 05 min

    je me demande seulement qu’est-ce qui se passe si, supposons comme plateforme un blog, 250, 300, voire 1000 personnes répondaient à chaque commentaire. comment est-ce que ça sera viable ?

  • 5 Gilles Dauphin // 10 déc 2008 à 16 h 58 min

    @youuussef
    Si les commentaires sont aussi nombreux, cela veut dire que la discussion suscite plusieurs pistes et on peut alors créer des billets additionnels. Par ailleurs, même le blogue de Patrick Lagacé, l’un des plus populaires et commentés au Qc, ne suscite pas un tel engouement.

    Un wiki ou un forum serait mieux, j’en conviens, mais quelques fois le meilleur est l’ennemi du bien (s’il faut agir vite).

  • 6 Noix de guerre // 10 déc 2008 à 17 h 31 min

    Je crois qu’il faut distinguer deux choses et y réfléchir en parallèle, longuement et bien.

    D’abord, la vie du parti sur Internet. Il faut continuer, renforcer, innover.

    Ensuite, la vie démocratique parlementaire. Il faut penser à de nouvelles stratégies inclusives et dynamiques, sur le web, comme dans la vie non-virtuelle.

    Il nous faut tout ça: wiki, blogue, forum, twitter, etc. Plusieurs fois. Chaque médium doit être utilisé en complémentarité, et donc de façon à se distinguer, l’un de l’autre.

    Vivement beaucoup d’alcool et de longues heures de discussions stratégiques. On a gagné, maintenant, créons.

  • 7 kannoneko // 10 déc 2008 à 18 h 42 min

    Noix de guerre, je suis intégralement d’accord avec toi !

  • 8 Eloy // 10 déc 2008 à 19 h 53 min

    Ce qui se veut un outils à la base peut se transformer en la pire plaie. QS veut rompre avec l’individualisme qui caractérise notre société. Toutefois, bien qu’il permet a des gens d’être en contact, l’internet participe à ce processus d’individualisation et je ne considère pas l’interraction de deux ou plusieurs individus par l’entremise de ce médium comme une véritable socialisation.

    Je dis donc: utilisons ce médium afin de faire connaître QS, mais attention à ne pas centrer la diffusion du message uniquement par internet.

    Pour parler de mouvement étudiant et de sa relative apathie actuelle, je suis convaincu qu’il est tributaire de ces technologies que nous utilisons trop souvent à de mauvaises fins.

    Trop de discussions sur le web (blogue, forums comme celui-ci) ne font qu’amputer du temps que l’on peut passer à aller dans la rue manifester, discuter et débattre en personne avec d’autres gens.

  • 9 MartinPM // 11 déc 2008 à 13 h 44 min

    @Eloy: je crois que ça prend un bon dosage. Je ne m’inquièterais pas trop. Les cybermilitants sont loin d’être légion chez Québec solidaire! La majorité des gens continuent à travailler sur le terrain, comme plusieurs cybermilitants d’ailleurs. Ce n’est qu’une corde de plus à l’arc de QS. Mais il ne faut surtout pas la négliger.

  • 10 Anne-Marie Provost // 11 déc 2008 à 16 h 13 min

    @ Redge : Certains considèrent que la pression psychologique est un bon moyen de tasser des opposants politiques. Ceci dit, je n’ai pas toujours été une enfant de coeur dans certaines de mes actions politiques et j’ai parfois mérité de me faire piquer, mais dans le contexte les personnes attaquées ne méritent pas des agressions aussi hardcore. En fait, personne ne mérite ça.

    @ Eloy : tu as parfaitement raison, il faut avoir une stratégie qui est un bon support à ce qu’on peut faire dans le « monde réel ».
    Ceci dit, pendant la campagne j’ai réalisé qu’on a rejoint des gens qui ne se sont pas fait rejoindre ailleurs, et on les a convaincu en discutant et en propageant de l’informations. Et puis, c’est parfois un bon moyen de by-passer les mass-médias quand ceux-ci déforme ton discours ou ne parle tout simplement pas de toi, même si je t’accorde que pour l’instant la portée du web est moins grande que le téléjournal.

    C’est un bon canal d’argumentation direct, qui permet de mieux prouver factuellement ce qu’on avance et dans lequel c’est possible de créer des lieux de discussions et de consultations pertinents. L’intéraction est moins humaine qu’en personne, mais encore là la blogosphère et certains forums m’ont fait réaliser que certaines personnes se créent une identité assez poussée via internet. Mais je pense que c’est un phénomène qu’on connait peu et qui gagne à être approfondi, que ce soit en psycho, en science-po, en philo, en socio….

    Pour ce qui est de l’apathie du mouvement étudiant, le problème n’est pas les technologies je pense : on s’est pété la gueule l’année dernière, les gens sont démotivés un peu et/ou épuisés et les étudiants, plus difficilement mobilisables. On est dans un creux… et je suis sûre qu’on va finir par se relever.
    Un forum comme celui de l’ASSÉ peut être un bon lieu pour prendre 2 secondes et réfléchir un peu sur nos actions, faire le point et s’informer. C’est aussi un endroit où on peut débattre avec des opposants, s’ouvrir les yeux sur leur réalité quand on prend la peine de le faire et au bout du compte, cette compréhension peut juste être bénéfique pour la mobilisation sur le terrain… Non? Mais c’est clair que l’abus peut être nuisible.

    Le web peut donc être un support à la création d’un mouvement et c’est possible d’y rejoindre des gens pour vrai. Suffit de mieux utiliser les outils, je suis certaine que ça peut être bénéfique pour le mouvement étudiant. Je prêche pour ma paroisse, mais j’ai constaté que l’utilisation du web peut avoir un certain impact sur la réalité… On aura peut-être l’occasion d’en jaser en personne ;)

  • 11 MartinPM // 11 déc 2008 à 17 h 49 min

    ((Parenthèse au sujet du mouvement étudiant: je crois que l’ASSÉ y est allée en sixième vitesse trop vite à l’automne 2007. Je trouve qu’il y a eu une mauvaise évaluation de l’état de la mobilisation et de la stratégie pour mobiliser la base, surtout en-dehors de l’UQAM. À Sherbrooke, l’étudiant moyen ne savait même pas qu’il y avait une hausse des frais de scolarité. Il aurait fallu y aller plus graduellement. Je trouve que le mouvement a tout simplement foncé dans un mur, un peu déconnecté des étudiants… Et il y a le ressac de la grève de 2005: plusieurs étudiants ont déjà fait «leur» grève, ils veulent passer à autre chose.))

  • 12 kannoneko // 12 déc 2008 à 1 h 03 min

    Le mouvement étudiant, j’ai fait une croix là-dessus. Pas que j’aie trop donné, seulement que je suis tanné de voir les mêmes histoires se répéter avec des visages différents. Il faudrait apprendre du passé, parfois, et je crois qu’une scène politique globale est un meilleur milieu.

  • 13 Pascal Riendeau // 12 déc 2008 à 22 h 19 min

    J’ai regardé de près la face publique de tout ce qui s’est fait avec le site, youtube, le blog et twitter. Et un peu sous les jupons, en travaillant avec Étienne sur une mise à jour de la plateforme du site. J’aurais aimé m’impliquer plus à fond, mais pour une rare fois, j’ai décidé de sauver ma session! Ceci dit, j’ai terminé aujourd’hui un cours de philo politique sur la démocratie participative, et j’achève un travail en retard (tout de même!) qui porte sur le rôle de l’évolution des TIC dans l’émergence de nouvelles formes de culture participative, et de la contribution de ces dernières à la démocratie participative. Ça valait quand même le coup! Si réunion il y a pour discuter de ces sujets, théoriquement, techniquement et pratiquement, j’aimerais beaucoup y participer!

  • 14 Sylvain Bérubé // 14 déc 2008 à 2 h 30 min

    @ Pascal Riendeau

    Les TICs et la démocratie participative? C’est bien joué comme choix de sujet!

    Je suis très intéressé à jeter un yeux sur ton travail. Puis si tu as des références sur le sujet, je suis également preneur.

  • 15 ysengrimus // 14 déc 2008 à 19 h 56 min

    Avec QUÉBEC SOLIDAIRE, il y a de l’espoir.

    http://ysengrimus.wordpress.com/2008/12/14/amir-khadir-l%E2%80%99espoir-de-mon-enfant%E2%80%A6/

    Voyons maintenant la suite…
    Paul Laurendeau

  • 16 Anarcho-pragmatiste // 15 déc 2008 à 16 h 29 min

    Je propose un débat entre les anarchistes et les Solidaires:

    http://anarchopragmatisme.wordpress.com/2008/12/15/lancons-le-debat-anarchistes-vs-solidaires/

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