Les dessous de Québec solidaire

Les dessous de Québec solidaire

Réalité et démocratie

10 novembre 2008 · 7 Commentaires

Les médias disent que les gens sont tannés des élections.  Je l’entends aussi à chaque jour.  Pourtant, quand je m’arrête deux minutes pour jaser avec eux, on entre rapidement dans le vif du sujet.  « Ça n’a pas de bon sens, l’hiver qui arrive et tous ces gens pris à coucher dans la rue ! »  « On parle encore d’augmenter le coût de l’électricité.  C’est-tu à nous autres ou pas, cette ressource-là ? » « On baisse mes impôts d’un côté, et de l’autre je dois payer plus cher mon permis de conduire.  Zéro économie ! » « Qui dit que l’éducation est gratuite au Québec ? »

Plusieurs des citoyennes et citoyens que je rencontre veulent bien parler politique, mais ne sentent pas que leur parole est considérée.  Plusieurs sont écoeuréEs de sentir qu’on les traite comme des ignorantEs de la chose publique.  Je les comprends!

Un des objectifs personnels que je me donne à chaque campagne, ma troisième en trois ans,  c’est de prendre le temps de discuter réellement avec les gens et de redonner de la crédibilité à leur parole, tout en valorisant leurs intuitions.  La route sera longue avant que tous les partis en fassent autant.  Et pourtant, c’est le seul chemin qui mène à la démocratie.

 

-Manon Massé, candidate dans la circonscription de Ste-Marie-St-Jacques

Catégories: Candidat-e · Montréal

7 Réponses ↓

  • 1 Jacky V. // 13 nov 2008 à 17 h 41 min

    Je suis d’accord que les gens se sentent souvent sans pouvoir et même sans crédibilité face au processus politique. Les gens n’ont pas d’espoir ni de « empowerment » face à tout ça. En même temps, les gens sont souvent pas au courant des réalités des « autres » que ce soit des « autres » ethnicités, genres, classes sociales, religions, groupes linguistiques, âges, professions, orientations sexuelles, etc. Alors quand je parle d’enjeux sociaux avec les gens, je trouve trop souvent qu’ils ne savent que revendiquer leur PROPRE bien-être et que le bien-être de TOUS les membres de la population leur importe peu. Pour pouvoir effectivement lutter pour la justice sociale pour toutes et tous, il faut augmenter la conscience sociale et démontrer comment la discrimination nuit à tout le monde. Il faut lutter ensemble, comme ça quand on essaie d’améliorer le sort d’un groupe, ce n’est pas vu comme une menace pour d’autres. En ce moment, toute avance pour les femmes est vue comme une menace pour les hommes. Les avances pour les « minorités culturelles » sont vues comme des menaces pour les francophones et catholiques, etc. Les gens voient trop souvent les droits comme une ressource limitée et non-renouvelable. Donc, l’atteinte de la justice nécessite une meilleur éducation à tous les niveaux. Il faut comprendre la vraie histoire, pas l’histoire qui est enseignée au secondaire. Mais ce sont les personnes au pouvoir qui décident de ce qui est enseignée . . . donc le cercle vicieux.

  • 2 Émile Bordeleau-Pitre // 13 nov 2008 à 18 h 05 min

    Bonjour Mme Massé,

    Je suis étudiant en relations publiques à l’UQAM, membre de Québec solidaire depuis peu mais enthousiaste depuis ses débuts. Soyez assurée que vous avez mon appui le plus total dans votre campagne, et que je ne considère qu’un choix pour le 8 décembre prochain : le seul parti se souciant du bien commun, de la dignité humaine et ayant la notion du « gros bon sens », c’est Québec solidaire. Continuez votre beau travail!

  • 3 Sophie Malboeuf // 15 nov 2008 à 14 h 28 min

    « Il faut comprendre la vraie histoire, pas l’histoire qui est enseignée au secondaire. Mais ce sont les personnes au pouvoir qui décident de ce qui est enseignée . . . donc le cercle vicieux. »

    Et évidemment, la vraie histoire sera celle enseignée par Québec Solidaire qui a la science infuse et la vérité absolue. Bref, nous sommes dans la grande noirceur en ce moment et cette formation politique va enfin permettre à la population de voir la lumière.

    Que de prétention………..vraiment décevant.

  • 4 kannoneko // 15 nov 2008 à 16 h 35 min

    Ce n’est pas parce que l’on dénonce le fait que l’histoire enseignée au secondaire est idéologiquement orientée que l’on se dit détenir la vérité infuse. Québec solidaire n’enseignera pas l’histoire, mais il est certain qu’un refonte de l’enseignement de l’histoire doit passer par l’évaluation de spécialistes (i.e. professeurs d’universités). En ce moment, ce sont des fonctionnaires sans PhD qui décident, sous la décision ministérielle, de ce que nos enfants apprendront. Cela m’inquiète.

    J’ai étudié en histoire à l’université, et je me suis rendu compte que les coins sont tournés ronds, trop ronds. S’il y a des gens qui prônent encore un nationalisme ethnique, c’est très probablement par manque d’éducation. Le cours actuel permet à des idées simples de se forger, à des préjugés de se développer et oui, c’est l’histoire des gens riches et célèbres plutôt que celle du peuple en général.

  • 5 Jacky V. // 15 nov 2008 à 18 h 06 min

    Franchement. J’ai pas dit que le PARTI allait enseigner la VRAIE histoire. Je suggérait qu’il faut une reforme dans le système éducationel avant que les gens puissent comprendre la nature des inégalités sociales. Comme kannoneko dit, ceux qui décident actuellement du curriculum n’ont pas d’instruction dans ces domaines et, en plus, ils encouragent un enseignement qui néglige de mettre les gens au courant, par example, que les français ont aussi colonisé les peuples autochtones et ainsi de suite. Les gens au pouvoir vont toujours prévaloir une histoire qui les mets dans une lumière favorable.

    Bref, le propos de Mme. Malboeuf: « et cette formation politique va enfin permettre à la population de voir la lumière. » est une erreur d’interprétation. Ce que je suggérait est, qu’avant que les gens puissent comprendre que l’égalité social vaut pour TOUS les membres de la société, pas juste leur petit cocon, comme il est commun de penser, il faut qu’ils aient accès à une histoire plus précise. Et il faut que cela sa fasse AVANT que toute avance politique dans le domaine de la justice sociale puisse être espéré.

  • 6 Manon Massé // 15 nov 2008 à 22 h 31 min

    Bonjour,

    Depuis 25 ans je travaille en éducation populaire auprès de femmes et d’hommes qui ont vu leur parole discréditée tout au long de leur vie à cause de leur niveau d’étude, leur statut, leur sexe, leur âge, leur orientation sexuelle ou leur origine. Je me suis toujours indignée de cette réalité.

    Certes que l’éducation est centrale dans la construction de la citoyenneté et pour cette raison, elle doit être formatrice, accessible et gratuite pour tout le monde. Mais il y a aussi d’autres chemins qui mènent à l’apprentissage de la citoyenneté.

    Les groupes communautaires avec leur pratique d’éducation populaire, permettent à plusieurs citoyenNEs de devenir des citoyenNEs engagéEs dans leur communauté. Malheureusement, cette forme d’apprentissage n’a que très peu de reconnaissance de l’ensemble de la société et plus particulièrement des décideurs. Il y a même une certaine frange de la gauche qui, à l’occasion, à aussi tenu un discours dénigrant envers la population. Loin de nous à Québec solidaire l’idée d’entretenir une telle perception.

    C’est pourquoi je pense qu’il est essentiel de créer des espaces d’exercices citoyens et de s’appuyer sur toutes les formes de savoir afin de redonner ses lettres de noblesse au rôle de citoyenNEs.

    J’y crois et c’est pourquoi je m’y applique.
    Manon

  • 7 Jacky V. // 15 nov 2008 à 23 h 07 min

    Manon, je suis tout à fait d’accord avec tes propos. Loin de moi d’abaisser d’autres formes d’apprentissage. Ce à quoi je m’attaque, principalement, c’est 1) le fait qu’au secondaire, les gens en apprenent peu sur l’oppression et comment ça marche (je le sais car je les reçoit au cégep et ils en savent rien, ou presque) et 2) le manque de sensibilisation populaire (propagation de stéréotypes dans les médias, etc).

    C’est certain que les gens en apprennent beaucoup en s’impliquant dans le communautaire mais c’est un petit pourcentage de la population.

    En passant, je veux signaler que je parle pour MOI et non pour quelque parti que ce soit. Je suis membre de QS mais pas impliqué encore alors je dit mes opinions tout simplement.

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